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Nouvelle baisse des immatriculations de poids lourds en 2010
Avec 34 221 immatriculations de véhicules moteurs de + 5 t, l'Observatoire du véhicule industriel note que le marché français a encore reculé en 2010. Même si les derniers mois 2010 indiquent une remontée des commandes et des ventes.

Avec 34 221 immatriculations recensées en 2010 (dont 52% visant des tracteurs), le marché français a reculé de 3,7% (35 553 "immats" en 2009), repli qui fait suite au grand plongeon en 2009 de 38,2%. En trois ans, le marché hexagonal est passé d'un pic de 57 504 "immats" recensées en 2008 à 34 221 unités. Dans un bel euphémisme, Jean-Luc François, directeur général VI de Mercedes (-4,6% en 2010), a pu faire ce commentaire : "Ce fut une année de challenge pour la marque dans un paysage économique encore chaotique". D'autres patrons de la branche V.I. pourraient en dire autant !
Sur ce marché, Renault Trucks se maintient en pole position (avec 32% de pénétration), devant Mercedes (15,3%) et Daf (13,1%), cette dernière marque confirmant sa montée en puissance depuis trois ans. Sur le segment des véhicules de +16t, qui a immatriculé 28 953 camions, la même hiérarchie est respectée. Sur celui des gros porteurs (+16t), Man monte sur le podium, derrière Renault Trucks et Mercedes. Pour Man, avec une nouvelle équipe en place en Franest annoncée comme l'année de la "renaissance".
Prévisions 2011 : de 38 500 à 41 000 "immats"
Deux années de repli ont eu pour conséquences un vieillissement du parc et, probablement, une augmentation des coûts d'entretien et de réparation liés à l'usure. "Pourtant la part relative du SAV dans l'activité atelier dans les concessions a diminué de trois points entre juin et novembre 2010, redescendant de 38 à 35%. Cette baisse confirme que la sous-activité engendrée par la crise aura affecté le potentiel de chiffre d'affaires atelier, malgré le vieillissement du parc", relève l'OVI.
En 2011, cette dernière table sur un marché de 40 200 "immats", point médian dans une fourchette de 38 500 (hypothèse basse) à 41 000 unités (hypothèse haute), avec une prédominance pour les tracteurs.
Concernant les délais de livraison, un retour à la normale est prévu, après les écarts et dérives constatés en 2009. Ils étaient de 83 jours en février 2010, de 73 jours en juin et de 72 en novembre. Du côté des carrossiers, ils sont estimés à 38 jours après la date de commande, mieux qu'en juin (44 jours) et février (49 jours).
Du mieux dans les délais de revente
Sur le marché du véhicule d'occasion (VO), l'OVI note une "amélioration de fond", sur les flux, stocks et partiellement sur les prix. Le creux de 2009, avec une chute des prix de 27%, a été comblé en 2010, avec une hausse des immatriculations de 11% et des prix de 2,7%.
Pour 2011, les distributeurs anticipent une hausse des prix du VO avoisinant les 4,5%. "Le destockage des VO est un facteur d'amélioration pour le marché du neuf", rappelle Jean-Michel Mercier. Les délais de revente sont passés de 150 jours en 2009 à 85 jours en juin 2010, puis 67 jours au second semestre 2010. Ces délais devraient encore diminuer en 2011, quelque soit le type de véhicule... "Pour la première fois, on enregistre autant de tracteurs ayant moins de 120 000 km au compteur que de tracteurs qui en ont plus. Cette sous-utilisation des véhicules s'explique également par la crise et une moindre utilisation des camions. Ils sont vendus plus vieux mais moins kilométrés", note l'Observatoire dans son rapport annuel.
L'approvisionnement des VO retrouve ses flux habituels : les deux tiers des véhicules proviennent de reprises spontanées et 17% sont des retours de buy back.
→ Consultez les chiffres détaillés des immatriculations dans l'Officiel des transporteurs n°2580 du 14 janvier 2011
C'est un fait : les capacités de transport routier en France ont diminué en 2010. Un autre constat serait ubuesque au regard des deux baisses successives des immatriculations des véhicules moteurs, enregistrées en 2009 et 2010. Mais dans quelle proportion ? "C'est toute la question. Au rang des explications majeures de cette situation, nous voyons le non renouvellement de parc de tracteurs en sous-capacité et la reprise retardée du BTP", assure Jean-Michel Mercier, directeur de l'Observatoire du véhicule industriel (OVI).

