L'Autorité de la Concurrence accuse: réparation trop chère en France

Le marché de la réparation automobile en France est dans le viseur de l'Autorité de la concurrence. L’organe estime en effet que ce secteur, partagé entre les réseaux de réparation agréés des marques et les réseaux indépendants ne se concurrencent pas suffisamment.  (06 septembre 2011)

Conséquence : les prix flambent (+35 % entre 1998 et 2007) et les dépenses d'entretien et de réparation (hors pièces détachées) représentent plus du tiers du budget automobile des ménages. Le prix des seules pièces détachées, qui représentent près de la moitié du coût de la réparation, a bondi de 30% entre 2000 et 2009. « Cette inflation s'est traduite pour les Français par une hausse de leurs dépenses de plus de 50 %, qu'ils paient directement ou par l'intermédiaire de leurs primes d'assurance ». Si la hausse peut s'expliquer par l'augmentation des coûts des matières premières et de la main-d'œuvre, et la part croissante de l’électronique à bord des véhicules, elle ne justifie pas une telle envolée.

Ainsi, l’Autorité met en relief plusieurs freins au développement d’une concurrence saine entre les deux filières : l’accès restreint aux indépendants des données techniques pour la lecture des codes défauts et des diagnostics de pannes. Le lobbying des constructeurs (les nationaux en tête) pour ne pas libéraliser le marché des pièces dites visibles (vitres, phares, éléments apparents de la carrosserie…). La France reste l’un des derniers bastions ou ces pièces ne peuvent être commercialisées hors réseaux constructeurs. L’Autorité s’appuie sur la dernière étude d’UFC-Que Choisir (lire Pièces captives, 30 à 50% plus chères en france) qui avait démontré des écarts de prix par pays de 40 % en faveur du consommateur dans ceux ayant ouvert ces marchés (comme en Espagne, en Belgique ou en Italie…). En France, les constructeurs demandent une protection de leurs pièces en s’appuyant notamment sur l’aspect sécuritaire et la nécessité de changer ces éléments dans un réseau agréé avec des pièces d’origine. « Nous voulons vérifier si cette protection est toujours justifiée ». Enfin, l’Autorité a souligné le manque de connaissance de l’automobiliste quant au maintien de sa garantie, même s’il se rend dans le circuit indépendant. Une liberté dont il jouit, sans le savoir, depuis 2002. Ce qui explique d’ailleurs la montée en puissance ces dernières années, des campagnes de publicité d’enseignes telles que Feu Vert et Midas sur ce point.

L'Autorité rendra ses conclusions en mars 2012.